Alsharq Tribune- Mohamed Otaify
René Winkin, directeur de la FEDIL, estime que l'impact réel des hausses à la pompe ne se fera sentir que dans six mois.
À peine trois semaines après le début de la guerre en Iran, la hausse des prix à la pompe se poursuit sans relâche. Pour la première fois depuis la mi-mai 2022, le litre de diesel coûte à nouveau plus de deux euros dans les stations-service luxembourgeoises. Cela représente une augmentation de 15 centimes par litre entre jeudi et vendredi.
Ces prix mettent un peu de temps à se répercuter sur le marché luxembourgeois, en particulier pour les entreprises qui achètent au “comptant”, ce qui signifie acheter au prix du jour, explique le directeur de la FEDIL, René Winkin.
Ces entreprises doivent actuellement faire face à des coûts de carburant très élevés et les prix des matières premières sont également en hausse. On observe par ailleurs déjà des pénuries de polymères et de toute une gamme de produits provenant du Moyen-Orient.
Le véritable effet se fera sentir dans six mois
La Fédération de l’industrie estime que d’ici jeudi, ces hausses pourraient déjà représenter plus d’un quart de la tranche de l’index. Pour l’essence, cela se produira assez rapidement, car elle a un poids très important dans le calcul.
Le pourcentage d’augmentation est encore plus élevé pour le fioul domestique, qui n’est pas soumis à autant de taxes, que pour les autres carburants. Lorsque les transports deviendront alors plus chers, il faut s’attendre à ce que le prix des marchandises transportées et vendues ensuite au supermarché augmente également.
La situation rappelle celle de 2021, lorsque, pour diverses raisons liées à la Covid, aux confinements et aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement, des hausses de prix significatives se sont produites bien plus tard: “nous n’avons en réalité constaté l’effet sur l’inflation que six mois plus tard mais nous pouvions déjà le voir venir dès l’été 2021".
Pas le moment pour augmenter le salaire minimum
C’est précisément pour cette raison qu’il serait actuellement “déplacé” de vouloir procéder à un ajustement structurel du salaire minimum. Car le salaire minimum est indexé et est donc de toute façon révisé tous les deux ans.
“C’est complètement en décalage avec notre époque et cela ne répond pas non plus aux questions soulevées aujourd’hui par la hausse des prix, alors que les gens n’ont plus les moyens de se loger.
Le fait est qu’il y a une pénurie d’essence, une pénurie de gaz et qu’à l’avenir, il y aura une pénurie d’un certain nombre d’autres produits”, explique le président de la FEDIL. La demande devrait donc nécessairement baisser ce qui devrait également ralentir l’économie.
Il faut donc prendre des mesures ciblées là où de véritables problèmes sociaux se posent.
Quant aux entreprises, elles souhaitent effectuer un suivi régulier en collaboration avec le gouvernement, afin de pouvoir informer la population des problèmes susceptibles de survenir et de la manière dont ils peuvent être résolus, explique René Winkin.