Alsharq Tribune- Suivis
Le fait que l’Iran ait ciblé Diego Garcia, située à environ 4 000 kilomètres de ses frontières, laisse entendre que ses missiles possèdent une portée supérieure à celle officiellement reconnue par Téhéran jusqu'alors.
L'Iran a tenté de frapper "sans succès" vendredi la base américano-britannique de Diego Garcia, située en plein milieu de l'océan Indien, à 4.000 kilomètres de son territoire, a confirmé une source officielle britannique samedi à l'AFP.
Selon elle, cette tentative a eu lieu avant que le gouvernement britannique annonce vendredi soir que les Etats-Unis étaient autorisés à utiliser certaines de ses bases pour frapper des sites iraniens servant à attaquer des navires dans le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'"opérations défensives" déjà annoncées.
C'est la première utilisation opérationnelle de missiles balistiques de portée intermédiaire (IRBM) par l’Iran, ainsi qu’une tentative significative de projeter sa force bien au-delà du Moyen-Orient pour menacer les intérêts américains, a commenté le Wall Street Journal.
Selon deux sources proches du dossier, l’un des missiles a connu une défaillance en plein vol, tandis qu’un navire de guerre américain a tiré un intercepteur SM-3 contre le second. D’après l’un des responsables, il n’a pas pu être déterminé si l’interception a réussi.
Le fait que l’Iran ait ciblé Diego Garcia, située à environ 4 000 kilomètres de ses frontières, laisse entendre que ses missiles possèdent une portée supérieure à celle officiellement reconnue par Téhéran jusqu'alors. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, déclarait pourtant le mois dernier que l’Iran avait délibérément limité la portée de ses missiles à 2 000 kilomètres.
Iran Watch, qui fait partie du Wisconsin Project on Nuclear Arms Control, affirme que l’Iran dispose de missiles opérationnels capables d’atteindre 4 000 kilomètres. De son côté, le centre de recherche israélien Alma estime la portée maximale des missiles iraniens à environ 3 000 kilomètres, tout en précisant que certains rapports font état du développement d’armes dotées de portées encore plus longues.
Située sur une île isolée de l'archipel des Chagos, Diego Garcia est l'une des deux bases que le Royaume-Uni a permis aux Etats-Unis d'utiliser pour des "opérations défensives spécifiques contre l'Iran".
Londres a confirmé vendredi que les Américains pouvaient en faire usage pour frapper des sites iraniens visant le détroit d'Ormuz, une décision que Londres aurait dû prendre "beaucoup plus rapidement", a fustigé Donald Trump.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé le Premier ministre Keir Starmer de mettre "des vies britanniques en danger en autorisant l'utilisation" de ces bases, ajoutant que l'Iran "exercerait son droit à la légitime défense".
La base de Diego Garcia est stratégique pour les Etats-Unis, qui y stationnent notamment des sous-marins nucléaires, bombardiers et destroyers.
Le Royaume-Uni a signé en 2025 un accord pour rétrocéder l'archipel des Chagos à l'île Maurice tout en conservent un bail de 99 ans sur Diego Garcia afin de maintenir la base.
Quelques heures après une attaque contre le site nucléaire iranien de Natanz, Israël a prévenu samedi que l'intensité des frappes en Iran va "augmenter considérablement".