Alsharq Tribune- Suivis
La ministre égyptienne de la Culture, Gihane Zaki, a présenté sa démission après que la Cour de cassation a confirmé un jugement la condamnant dans un litige de propriété intellectuelle l'opposant à l'écrivaine Soheir Abdel-Hamid. Elle affirme respecter la décision de justice tout en annonçant son intention d'épuiser les recours prévus par la loi.
La ministre égyptienne de la Culture, Gihane Zaki, a présenté lundi sa démission au Premier ministre, Mostafa Madbouly, après que la Cour de cassation a confirmé un jugement défavorable à son encontre dans un litige de propriété intellectuelle l'opposant à l'écrivaine Soheir Abdel-Hamid.
Dans un communiqué, Gihane Zaki a indiqué avoir pris cette décision par respect pour le système judiciaire égyptien et afin d'épargner au gouvernement tout embarras lié à ce qu'elle a qualifié d'affaire juridique personnelle.
« Je respecte les décisions de la justice égyptienne », a-t-elle déclaré. Elle a précisé qu'elle poursuivrait les recours légaux prévus par la législation égyptienne, notamment en déposant une requête du jugement, estimant que l'exercice de ces droits ne remettait pas en cause le respect dû aux décisions de justice.
Le Premier ministre, Mostafa Madbouly, a accepté sa démission et l'a remerciée pour son action à la tête du ministère de la Culture, lui souhaitant plein succès dans ses projets futurs.
Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdel-Aziz Konsowa. assurera l’intérim du ministre de la Culture jusqu’à la nomination d’un nouveau ministre, d'après une annonce du Conseil des ministres.
Plus tôt dans la journée de lundi, la Cour de cassation avait rejeté les deux pourvois introduits par Gihane Zaki et confirmé l'arrêt rendu par le Tribunal économique, mettant un terme au litige, largement médiatisé en Egypte sous l'appellation d'« affaire du plagiat littéraire ».
L'affaire trouve son origine dans une plainte déposée par l'écrivaine Soheir Abdel-Hamid, qui accusait Gihane Zaki d'avoir reproduit, sans autorisation, des extraits de son ouvrage publié en 2022 dans une publication ultérieure.
L'arrêt définitif condamne l'ancienne ministre à verser 100 000 livres égyptiennes de dommages et intérêts à la plaignante. Il confirme également le retrait de l'ouvrage litigieux de la vente et de la distribution.
Selon la Cour, un collège de trois experts en propriété intellectuelle a relevé de nombreux passages reproduits textuellement ainsi que de longues citations, estimant qu'elles brouillaient la distinction entre les deux œuvres et portaient atteinte à l'originalité de l'ouvrage de la plaignante.
Gihane Zaki avait déposé deux pourvois identiques en septembre 2025, faisant valoir que les passages incriminés relevaient du droit de citation autorisé par la loi sur le droit d'auteur.
La Cour de cassation a toutefois suivi les réquisitions du ministère public et rejeté ces recours. Réagissant à la décision, son avocat, Alaa Abed, a indiqué que l'affaire relevait du droit civil et concernait des demandes d'indemnisation découlant d'un litige de propriété intellectuelle qu'il a qualifié de techniquement complexe.
Dans un communiqué, Abed a estimé que la distinction entre la citation licite et la contrefaçon pouvait faire l'objet d'appréciations divergentes de la part des experts et des juridictions. Il a enfin réaffirmé le respect de sa cliente pour l'autorité judiciaire, tout en précisant qu'elle entendait exercer les recours que lui garantit la loi après la publication des motifs de l'arrêt.