Alsharq Tribune- Zainab Hussin
L’opération résulte d’un accord négocié par Washington avec la Syrie et Israël afin de sécuriser le site et d’éviter une escalade régionale.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) doit retirer des matières nucléaires conservées sur un site clandestin syrien, dans le cadre d’un accord conclu entre les États-Unis, la Syrie et Israël.
L’information a initialement été révélée par Axios, puis rapportée par la journaliste Ariella Roitman dans le Jerusalem Post. Le gouvernement syrien a confirmé mardi avoir coopéré avec l’AIEA, Washington et plusieurs « pays amis » sur ce dossier.
Les discussions se seraient déroulées dans la plus grande confidentialité pendant plus d’un an.
Selon un responsable israélien cité par Axios, Israël avait clairement indiqué qu’il n’accepterait pas que des matières nucléaires demeurent sur place. Jérusalem aurait même menacé de bombarder une nouvelle fois l’installation si ces éléments n’étaient pas retirés ou si les autorités syriennes tentaient d’y accéder.
Washington et Israël ont finalement privilégié une opération menée avec l’accord du nouveau gouvernement syrien.
Les responsables syriens avaient initialement affirmé ne pas avoir connaissance de la présence de matières nucléaires sur le site.
L’installation concernée, désignée sous le nom de « Site 99 », abriterait des résidus provenant du réacteur d’Al-Kibar, construit avec l’aide de la Corée du Nord dans la région de Deir ez-Zor sous le régime de Bachar al-Assad.
Ce réacteur, destiné selon les renseignements occidentaux à produire du plutonium, avait été détruit par une frappe israélienne en 2007.
Après la chute du régime Assad, l’AIEA avait conclu un accord avec les nouvelles autorités syriennes afin d’inspecter Al-Kibar ainsi que plusieurs autres installations soupçonnées d’avoir appartenu au programme nucléaire clandestin du pays.
L’administration Trump et l’AIEA auraient accéléré les négociations afin de sécuriser les matières présentes et d’éviter une confrontation impliquant Israël, la Syrie et potentiellement la Turquie.
Un responsable américain cité par Axios a affirmé que très peu de personnes à Washington, Jérusalem et Damas avaient connaissance de ces discussions.
Il a également décrit le nouveau gouvernement syrien comme un « bon partenaire » dans ce dossier.